PARIS-ROUBAIX HAUTS-DE-FRANCE : LES INFOS À J-1

11 avril 2026 - 19:27

À retenir :

  • La 123e édition s'annonce aussi mémorable que monumentale. La Reine des classiques, dont la présentation des équipes s'est tenue ce samedi sous une pluie fine, au départ de Compiègne, pourrait être l'apogée d'une ère. Deux coureurs au talent exceptionnel vont tenter de renforcer leur place dans l'histoire, face à une cohorte de rivaux prêts à les renverser.
  • Le champion du monde en titre et vainqueur sortant du Tour de France, Tadej Pogacar, « espère avoir appris de l’an dernier et gagner ». Mais pour empocher le seul Monument qui manque à son palmarès, il doit vaincre le meilleur spécialiste des pavés du moment, Mathieu van der Poel, qui vise une quatrième victoire consécutive dans l'Enfer du Nord. Cela le placerait parmi les recordmans de la course.
  • Des coureurs de renom comme Wout van Aert, Mads Pedersen ou Filippo Ganna font partie des outsiders de Paris-Roubaix, où la tactique appliquée sera primordiale. L’épreuve devrait en effet se dérouler sur un terrain sec avec un vent portant conséquent, accroissant l’intensité de la course cycliste la plus difficile au monde.

GOUVENOU : « IL NE SERA PAS POSSIBLE DE SE CACHER »

Après la pluie, le beau temps ? Si les gouttes d’eau devraient épargner la 123e édition de Paris-Roubaix, quelques averses ont accompagné la présentation des 25 équipes et 175 coureurs en face du château de Compiègne, samedi. Pas de quoi décourager les centaines de fans venus encourager ceux qui, demain, ont une nouvelle page de l’histoire du cyclisme à écrire. « Les conditions devraient être plutôt favorables, plutôt sèches », rassure le directeur de course Thierry Gouvenou. Il annonce « un parcours qu’on a rarement vu dans un aussi bel état. Il y a eu un gros travail de fait sur certains secteurs où il y avait de la terre, notamment ceux de Troisvilles et d’Haveluy, qui ont été nettoyés ».

Outre la pluie, le vent animait aussi les discussions tactiques à Compiègne. Il pourrait jouer un rôle prépondérant sur les 258,3 km du parcours. « Le vent sera portant, de dos. Cela va favoriser une course très rapide. Un vent de face a tendance à ralentir la course et on peut se cacher dans les roues. Là, ce ne sera pas possible. Je pense que le vent de dos est plus favorable à de grands coureurs comme Van der Poel et Pogacar. » Des favoris qui pourraient se distinguer dès les premiers secteurs pavés, qui se succéderont rapidement. « L’enchaînement au départ va être violent. » Cette séquence se terminera par le secteur de Briastre (km 114,9), relevé et rarement visité. « Il est en montée pendant 800 mètres. Des pavés à 5 %, ça fait déjà un bel effort. Il sera intéressant de voir qui a mal aux jambes ou pas à la sortie. »

Tadej Pogacar
Tadej Pogacar © A.S.O.
Mathieu van der Poel
Mathieu van der Poel © A.S.O.
Wout van Aert
Wout van Aert © A.S.O.

TADEJ POGACAR, POUR L'HISTOIRE

Si Paris-Roubaix est toujours une course à part, les attentes autour de cette 123e édition de la Reine des classiques n’ont peut-être jamais été aussi élevées. Tout a probablement commencé l'an dernier, quand Tadej Pogacar a chuté au Carrefour de l'Arbre, laissant Mathieu van der Poel seul en tête pour remporter sa troisième victoire consécutive au vélodrome André-Pétrieux. Le Slovène est de retour dans l'Enfer du Nord, après avoir impressionné cette saison en remportant Milan-San Remo pour la première fois, puis en décrochant un troisième succès sur le Tour des Flandres. Après ses victoires à Liège-Bastogne-Liège et au Tour de Lombardie en 2025, il ne lui manque plus qu'un seul Monument pour avoir gagné les cinq en douze mois. Le tout en étant le champion du monde et d’Europe en titre, et le vainqueur sortant du Tour de France. L’exploit serait inédit dans la longue et riche histoire du cyclisme.

La préparation de Pogacar a été aussi exhaustive que minutieuse. « Nous sommes venus reconnaître le parcours cinq ou six fois depuis décembre », révèle son coéquipier Florian Vermeersch, lui-même monté sur le podium ici (2e en 2021). Cette victoire serait-elle devenue une obsession pour le Slovène ? « Non », répond-il après un moment d’hésitation. « J'espère avoir appris de l’an dernier pour pouvoir gagner cette fois-ci. » Vermeersch explique que chez UAE Team Emirates, tout le monde est pleinement engagé pour aller chercher une victoire qui renforcerait la légende de Pogacar, et lui donnerait un argument de plus pour contester le titre (hypothétique) de meilleur coureur de tous les temps à Eddy Merckx. « On s'attend à une course ultra-rapide qui virera au chaos dès les premiers pavés », résume Vermeersch. « Demain, on mise tout sur Tadej. » Tout pour l'histoire.

MATHIEU VAN DER POEL : « J’AI LA FORME POUR REMPORTER MON QUATRIÈME PARIS-ROUBAIX »

Pogacar n'est pas le seul à pouvoir marquer l'histoire lors de cette 123e édition de Paris-Roubaix. Invaincu depuis 2023, Mathieu van der Poel peut devenir ce dimanche le premier coureur à s'imposer quatre fois de suite dans l'Enfer du Nord. L’exploit le placerait également parmi les recordmans de l'épreuve, à égalité avec les légendes belges Roger de Vlaeminck et Tom Boonen, chacun détenteur de quatre succès sur les pavés. « J’ai la forme pour remporter mon quatrième Paris-Roubaix », affirme le Néerlandais après un excellent début de saison, marqué par quatre victoires au plus haut niveau, dont deux classiques pavées : le Circuit Het Nieuwsblad et l'E3 Saxo Bank Classic.

« Tadej a prouvé sa force sur les pavés », reconnaît-il après avoir été dominé par le Slovène lors du Tour des Flandres il y a une semaine, « mais mon équipe et moi allons faire notre propre course, comme l'an dernier ». Son coéquipier chez Alpecin-Deceuninck, Jasper Philipsen (2e en 2023 et 2024), est prêt à se battre pour la défense du titre de Van der Poel… et, peut-être, à jouer aussi sa propre carte : « Je vais essayer de le soutenir, et aussi de créer une situation dont nous pourrons tous les deux tirer profit, en exploitant la force de notre équipe. »

« POSSIBLE DE JOUER UN PEU PLUS » POUR VAN AERT

Wout van Aert n’a encore jamais triomphé dans l’Enfer du Nord (2e en 2022, 3e en 2023), mais il aurait peut-être gagné à l’applaudimètre de Compiègne, ce samedi. « Je ressens le soutien du public, c’est un atout indéniable, mais malheureusement cela ne suffira pas pour remporter la victoire. Je vais aussi avoir besoin de mes propres forces », sourit le leader du Team Visma | Lease a Bike. Il n’a plus levé les bras depuis la 21e étape du Tour de France 2025, où il était venu à bout du Maillot Jaune, Pogacar, sur les Champs-Élysées. Un exploit qu’il se verrait bien répéter au vélodrome de Roubaix.

Le Belge est arrivé quatrième ici l’an dernier. La même position que celle obtenue lors du Tour des Flandres il y a six jours, face notamment à Pogacar (1er) et Van der Poel (2e) qu’il retrouve ici. « Comme on l'a vu dimanche dernier, il est très difficile d'établir une bonne stratégie face à Tadej et Mathieu. Mais je pense qu'à Roubaix, il devrait être possible de jouer un peu plus avec mes coéquipiers. C'est clairement notre objectif. La saison a été bonne jusqu'à présent, avec de très belles courses. J'attends avec impatience cette dernière opportunité printanière. »

Filippo Ganna
Filippo Ganna © A.S.O.
Jonas Abrahamsen
Jonas Abrahamsen © A.S.O.
Mads Pedersen
Mads Pedersen © A.S.O.

PRÊT À « SAISIR LA MOINDRE OPPORTUNITÉ »

Pogacar et Van Aert ne sont pas les seuls à vouloir détrôner van der Poel et inscrire leur nom au palmarès de la Reine des classiques. Troisième en 2024 et 2025, Mads Pedersen pense pouvoir renverser les pronostics et devenir le premier Danois à lever les bras dans le vélodrome André-Pétrieux. « Oui, c’est possible, autrement je resterais à la maison ! », sourit le leader de la formation Lidl-Trek. « Je sais que ce sera très difficile, en particulier au regard de la liste des engagés,  mais nous y croyons et rêvons toujours de la victoire. Il faudra saisir la moindre opportunité qui se présentera. »

Blessé au poignet et à la clavicule lors du Tour de la Communauté valencienne, le 4 février dernier, Pedersen a repris la compétition le 21 mars et disputé quatre courses en deux semaines. Avec, toujours, l’Enfer du Nord à l’esprit. « Paris-Roubaix était constamment dans un coin de ma tête. C’est la course où l'on pouvait réalistiquement espérer que je revienne à un niveau [suffisant] pour rêver de gagner à nouveau des courses. » Un exploit qui ferait écho à celui de l’Australien Mathew Hayman, vainqueur en 2016 seulement six semaines après s’être cassé le radius droit. « C’est une histoire similaire, donc bien sûr que quand on voit cela, on se dit que tout est possible. »

« BEAUCOUP D’INTERROGATIONS », ET D’OUTSIDERS

Derrière ces hommes forts, de nombreux outsiders peuplent un peloton composé de trois anciens vainqueurs : MVDP (2023-24-25), son compatriote néerlandais Dylan van Baarle (2022), et John Degenkolb (2015). « S’il y a bien un Monument où je peux être dans la lutte finale, c’est celui-ci », prévient le coureur de chez Picnic PostNL. L’Allemand a suffisamment d’expérience pour savoir que les surprises font partie de l’histoire de Paris-Roubaix, comme lors des succès de van Baarle ou Hayman (2016). La même année, Filippo Ganna remportait la course des espoirs. Une décennie plus tard, le leader des Ineos Grenadiers arrive « en bonne forme et sans pression ». Il rêve toujours d’accrocher un Monument à son palmarès, s’exclut de la liste des favoris (meilleur résultat : 6e en 2023), mais sait que l’imprévisibilité se cache derrière chaque pavé. « Le premier secteur pourrait bien être l'un des premiers points critiques. On verra si c’est sec ou mouillé… Faire une échappée ne sera pas facile. Il y a beaucoup d’interrogations. » Elles trouveront leurs réponses dans l’Enfer du Nord à partir de 10h50.

Trophée du Paris-Roubaix Hauts-de-France 2026
Trophée du Paris-Roubaix Hauts-de-France 2026

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